Joseph O'Connor - Inishowen
Avec ce livre qui commence comme un polar, le dépaysement semble total. Pourtant, entre New York et sa grande bourgeoisie, et l'Irlande des culs terreux il n'y a pas plus que l'Atlantique... Et ce qui devait commencer à un rythme trépidant, se poursuit maintenant à un rythme lent. Non pas celui de l'ennui, pas plus que celui d'une action terne et morne, mais celui du retour vers les racines , du retour sur soi, sur les valeurs que l'on considère comme importante, sur les repères que l'on considère comme nécessaires pour finir ses derniers jours.
Un livre attachant, donc le fond de l'histoire n'est peut-être pas le plus important.
Le résumé de l'éditeur peut d'ailleurs suffir pour cela. Non ce qui est primordial est ce que l'on veut faire de sa vie, à quel moment on dit stop (?) Faut -il la maladie, l'approche de la mort ? Quand faut-il arrêter de jouer un rôle, familial, conjugual, social...etc... ?
Quand faut-il accorder une place pour ce que l'on considère comme une urgence, comme une nécessité avant le grand départ ? Tel serait peut-être le thème de ce livre intimiste où l'auteur prend en main le destin de deux personnages au bord du gouffre. Leur rencontre improbable puis leur voyage au propre comme au figuré jusqu'au petit village d'Inishowen, (so Irish !) est amplie dune atmosphère où la brume recouvre tout, pesante et parfois même oppressante.
Présentation de l'éditeur
Joe O’Connor, qui passe désormais pour l’un des trois ou quatre romanciers les plus sûrs de la nouvelle littérature irlandaise, a une manière bien à lui de dynamiter les apparences : à son service un mélange explosif de réalisme brutal, d’humour ravageur - et de compassion sans limites.
Tristan et Iseut à la mode irlandaise d’aujourd’hui. Elle habite New York, vient d’apprendre qu’elle a un cancer et décide de retourner dans l’île Verte où elle est née. Lui est flic à Dublin, un peu abîmé par la vie et par le whiskey, fatigué surtout de se battre contre la mafia locale qui a résolu, il le sait, de lui faire la peau. Ces deux êtres poussés à bout vont se retrouver tout au nord de l’Irlande, au petit port d’Inishowen : un lieu de beauté et de paix... où le sang coule aussi bien qu’ailleurs. La presse anglo- saxonne a applaudi ce roman, qu’elle a mis d’emblée sur le même plan que Desperados - l’autre maître-livre de Joe O’Connor.