Wang Anyi - Amour dans une petite ville
Un petit libre sulfureux en Chine de part sa vision crue de cet amour physique plus proche du besoin animal que de l'Amour réel. Mais beaucoup de longueurs, de répétitions... Certes c'est le flux et le reflux qui comme la marée et les vagues déferlent et nous bouleversent, mais tout de même beucoup trop d'inertie !
Le titre est d'ailleurs étonnant car s'il y a deux personnages qui se cherchent, malgré leur promiscuité obligée (deux danseurs d'une troupe de théâtre chinois), plus ils se retrouvent et plus ils se perdent. A aucun moment il n'est question d'Amour. D'ailleurs ils ignorent totalement qu'il pourait s'agir d'amour tant leur besoin est uniquement physique, hormonal, primal...
Seules les dernières pages laissent entrevoir un espoir pour cette jeune femme, qui contre toute attente va - d'une certaine façon - revendiquer un droit d'exister, un droit d'être femme, un droit d'être mère..... pour elle même (?) et non pour la société, la troupe de théâtre ou la famille.
Attention : il ne faut pas rechercher de la sensualité dans ce livre, pas plus non plus de caractère pornographique. C'est pourquoi il est aussi déroutant voire dérangeant peut-être, en tout cas en Chine !
Ce roman qui est le premier d’une trilogie (les deux autres romans sont en cours de traduction aux Editions Picquier) parue dans les années 1986-1987 en Chine, fit scandale par la franchise avec laquelle était abordée la sexualité. C’est un texte d’une grande violence, curieusement détaché aussi, sans autre morale que celle des corps, de la puissante palpitation de la vie, qui ne connaît ni barrière, ni loi ni tabou.